Chers Collègues,

A l’heure d’écrire ces quelques mots, nous apprenons le décès en service de trois de nos camarades, le Sapeur de 1ère Classe Bertrand PIME, âgé de 49 ans, Sapeur-Pompier Volontaire au Syndicat intercommunal à vocation multiple Nord (Nouvelle-Calédonie), décédé des suites de ses blessures lors de l’intervention menée par nos collègues Calédoniens sur un important feu de végétation déclaré sur la commune de Koumac. Le Caporal-chef Simon CARTANNAZ âgé de 28 ans Sapeur-Pompier de la BSPP, également Sapeur-Pompier Volontaire au corps départemental de Savoie, affecté au Centre de Secours de Chambéry et le Sapeur de 1ère classe Nathanaël JOSSELIN âgé de 27 ans, Sapeur-Pompier de la BSPP, également Sapeur-Pompier Volontaire au corps départemental de l’Yonne, affecté au Centre de Secours de Brienon-sur-Armançon, tous deux décédés lors d’une violente explosion sur intervention pour fuite de gaz le 12 janvier dernier, rue de Trévise à Paris.

Ces douloureuses informations nous rappellent la dangerosité de nos missions et l’importance du réseau associatif en de pareilles circonstances.

« Ces hommes ont choisi de faire de la sécurité de tous leur vocation. Certains ont malheureusement payé de leur vie ce formidable engagement. D’autres sont profondément touchés dans leur chair. Tous, nous sommes touchés en plein cœur. » Propos du Colonel Grégory ALLIONE, Président de la Fédération nationale et de l’Œuvre des pupilles-orphelins des sapeurs-pompiers de France.

La communauté des Sapeurs-Pompiers de France est unie dans l’émotion, mais aussi dans la mobilisation pour soutenir et accompagner dès à présent, et aussi longtemps qu’il le faudra, les familles que nos camarades laissent derrière eux, ainsi que celles qui entourent un camarade blessé.

Difficile donc de vous formuler, à cet instant, des vœux de santé, bonheur et réussite pour cette nouvelle année qui s’inscrit dans une période contrainte. Pour autant, il est important de faire entendre la voix du réseau auprès de nos élus et dirigeants et de ne pas se faire « étouffer » par des premières lignes agitatrices.

Le SUAP qui représente 84% de nos missions doit impérativement faire l’objet de toutes nos attentions, pilotage, numéro unique, régulation, départs réflexes, arbres décisionnels, …

Nous ne pouvons assurer seuls 85% de cette mission dans les territoires et être qualifiés de « Secouristes du pauvre ». Le Sapeur-Pompier doit être reconnu comme un Technicien du secours d’urgence, nos infirmiers protocolés et nos médecins, engagés en parallèle sur le terrain et au CTA. Sur le plan des carences ambulancières, les SDIS doivent pouvoir apprécier leur capacité structurelle et opérationnelle à accomplir ses interventions, sans compromettre l’exécution de leurs missions propres de service publique et de secours d’urgence.

De même, il ne peut être toléré que derrière une misère sociale ou psychologique, dans des quartiers dits « sensibles » ou face aux violences urbaines, les Sapeurs-Pompiers soient pris pour cible, insultés, menacés et violentés ! Le dépôt de plainte par le SDIS, sans qu’apparaisse l’identité de l’agent, des peines fermes, plus lourdes mais aussi effectives et réellement exécutées doivent être la réponse de l’État.

Directive Européenne sur le Temps de travail, depuis quinze ans l’ensemble des gouvernements s’oppose à l’assimilation des Sapeurs-Pompiers Volontaires comme des travailleurs. Cependant, ils représentent 79% des effectifs et assurent 66% des interventions et sont, comme dans de nombreux États membres de l’EU, le socle particulier d’un engagement généreux et altruiste. Il s’agit bien là d’une complémentarité entre SPP et SPV au profit des populations urbaines comme rurales, et non d’une quelconque variable d’ajustement opposant les uns aux autres. Il est donc nécessaire de poursuivre le dialogue engagé avec les autorités françaises et européennes afin d’apporter la solution la mieux adaptée pour la pérennité des secours d’urgence et de protection civile des populations.

Enfin, dans un contexte tendu, il est nécessaire de pouvoir assurer la distribution des secours dans les territoires. Le maillage territorial et le volontariat, la proximité et la réponse opérationnelle doivent être les maîtres mots des politiques publiques à l’échelon départemental. La prévention, la formation des populations, la citoyenneté doivent induire à une gestion maîtrisée du coût par habitant.

Voilà mes chers Collègues, la palette des grands chantiers de 2019. Mais plus prês de notre quotidien, vous venez d’élire et de réélire les membres de notre Conseil d’Administration et une nouvelle équipe s’est mise en mouvement. Certains aguerris au monde de l’associatif et d’autre en devenir, il est de notre devoir de « tuiler » ces jeunes recrues pour que notre Union Départementale soit forte pour l’avenir de TOUS, Professionnels, Volontaires, Personnels Administratifs et Techniques, Anciens et Jeunes Sapeurs-Pompiers.

Dans quelques semaines, nous nous retrouverons lors d’un séminaire associatif, où nous l’espérons, vous trouverez toutes les réponses à vos besoins. Puis les manifestations sportives, notre Journée Départementale (Congrès) de Lorris, seront une nouvelle fois l’occasion d’échanger et de s’ouvrir à la population Loirétaine. 2019 sera aussi l’année d’organisation du Championnat de France de Parapente par les UDSP d’Indre et Loire (37) et du Loiret (45) dans l’Isère (38) et de la nouvelle équipe du « Défi Vélo » pour le Congrès National de Vannes (56) à qui nous souhaitons une belle réussite.

Soyez certains de notre plein engagement à vos côtés, de notre volonté à vous représenter et porter haut les couleurs de nos adhérents pour que vive la grande famille des Sapeurs-Pompiers.

 

                                                                                                                             Capitaine Michel GOUGOU,

                                                     Président de l’Union Départementale